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Il me semble que les temps d’une éducation amoureuse dans le sens stendhalien sont définitivement passés. Et pourtant, ce texte se base sur cette ligne de pensée qui jadis faisait partie intégrale de la culture française. L’amour physique, aux 17e et 18e siècles n’était pas encore considéré comme un danger pour l’enfant tel que le veut faire savoir l’éducation moderne d’origine anglo-saxonne.

L’éducation de l’enfant, dans l’Ancien Régime, n’était peut-être pas explicite sur ce sujet, mais avait certes un regard plus ou moins permissif qui permettait à l’enfant de profiter d’une certaine jouissance secrète comme avant-goût des aventures adultes à venir. Aujourd’hui, il me semble, cette permissivité qui était jadis caractéristique de la culture française, s’est presque totalement perdue; et ceci bien entendu sous l’influence néfaste de la propagande nord-américaine avec tout son poids dans les sciences sociales et humaines.

—Voir, par exemple, Françoise Dolto, La Cause des Enfants, Paris: Robert Laffont, 1985 et Philippe Ariès, L’enfant et la famille sous l’Ancien Régime, Paris: Seuil, 1975.

Bien qu’en France il fasse toujours un peu mauvais goût d’être trop enflammé par les valeurs de l’oncle Sam, ces valeurs, ou plutôt pseudo-valeurs ont bel et bien pénétré tous les domaines de vie en France, et elles se sont établies surtout dans l’éducation institutionnelle des enfants.

Est-ce à déplorer? A mon avis oui, et gravement. Car ce qu’on est en train de faire, en écartant la sagesse déjà acquise dans des siècles antérieures, c’est de répéter d’anciennes erreurs et d’inculquer aux enfants un savoir standard qui, à la longue, détruit et l’enfant et l’éducateur. On a par contre appris des erreurs commises pendant les années hippies, les années ’60 et ’70, qu’il n’est pas non plus intelligent de transformer l’enfant en sauvage avant-gardiste sans respect pour ses prochains et sans culture intérieure. En fin de compte, il fallait comprendre que l’éducation n’est pas une question de politique ou d’idéologie, mais un art, une façon de comprendre l’enfant et ses besoins et, plus encore, une communication souple et intacte entre l’éducateur et l’enfant.

En pratique, ceci résulte très souvent en une sublime forme de complicité qui s’établit dans un laps de temps qui diffère d’un enfant à l’autre et d’une relation éducative à l’autre.

Cette complicité embrasse l’intimité et l’amitié, les bases de toute relation éducative réussie. Plus encore est le contact physique entre l’adulte et l’enfant condition primordiale pour une communication vraie, libre de tabous et sincère entre l’éducateur et l’enfant.

C’est ce que je pense aurait mérité le nom de l’éducation moderne, et non pas ce qu’on pratique aujourd’hui un peu partout, sous l’influence du big brother d’outre-mer: une éducation hautement rétrograde qui n’est pas adaptée à la culture française car elle se base sur un puritanisme typiquement anglo-saxon, et qui se caractérise par le seul trait à part son imbécillité totale, de son hypocrisie écoeurante qui écrase l’enfant sous le couvert de la Protection avec un P majuscule, et qui est clair et net un subterfuge d’esclavage.

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