creative-c.com

La musique joue un rôle important dans notre psychisme. La bonne musique équilibre notre esprit et le rend sensible et ouvert. La mauvaise musique rend notre psychisme surexcité et le fait tourner au rond. L’esprit ainsi influencé ne peut que difficilement atteindre la profondeur et le calme. La pensée sera alors peu profonde dans la pénétration du sens de la vie et du monde, restant à la surface des choses et des événements.

On peut considérer l’effet de la musique sur l’enfant sous deux points de vue, à savoir passivement et activement. Nous tous subissons la musique passivement à certains endroits, au café, au cinéma et devant la télévision, à des endroits où nous n’allons typiquement pas pour écouter de la musique. Alors, nous sommes exposés à une ambiance acoustique à qualifier musicale, sans réfléchir que cela peut possiblement avoir un effet profond sur notre psychisme et notre pensée. Celui qui s’observe va pourtant se rendre compte de certains effets que telle ou telle musique exerce sur lui ou elle, à telle et telle occasion. Car la musique affecte les sentiments, et atteint, par son influence sur la pensée, aussi notre esprit.

Activement, la musique joue un rôle dans l’éducation dans la mesure où elle nous oblige à discerner certaines structures musicales, soit à l’aide du solfège, soit par entendement musical intuitif et son entraînement. Régulièrement, et ceci vaut et pour enfants et adultes, si l’on aime la musique et l’écoute tous les jours, elle engendre le désir d’apprendre la maîtrise d’un instrument de musique tel que le piano ou le violon, ou bien la flûte.

Avant de m’exprimer sur l’importance évidente d’un enseignement musical actif, j’aimerais approfondir la discussion de l’influence passive de la musique sur notre psychisme. Car il est établi dans la musicologie et la psychologie, mais rarement connu par la grand public que les effets exercés par la musique qui nous pénètre dans un état passif et réceptif, sont considérables et très difficile à mesurer; car la plupart d’entre nous ne se rendent pas compte à quel point ils sont submergés d’influences manipulatrices venant des média, et dans quelle mesure ces influences affectent et transforment leur psychisme, leurs sentiments et leur pensée.

Les professionnels de la publicité et du marketing savent très bien de quoi je parle. Ils sont de fins psychologues sachant d’atteindre leurs buts commerciaux par la manipulation des sentiments et de la pensée des potentiels acheteurs de marchandises. Si l’on veut provoquer chez le spectateur ou l’écouteur une réaction positive par évoquer un certain sentiment, on lui fait entendre une musique qui évoque en lui ce même sentiment, et ainsi de suite.

Mis à part les buts commerciaux est-il aussi vrai que le film et, dans une mesure moindre, le théâtre, savent exploiter les effets qu’a la musique sur notre psychisme. Le but de la background music est justement de renforcer le continu visuel du film. La musique reste dans ce cas distante et cette distance est voulue. Car des recherches scientifiques ont démontré que dans le cas où deux influences différentes agissent sur notre psychisme, notre surface de mémoire enregistre celle qui est moins dominante, sous-jacente et plus subtile, aussi celle qui est plus distante.

Le psychiatre bulgare Georgii Lozanov, éminent spécialiste en musicologie, a su développer un système pédagogique tout entier, connu sous le nom de suggestopédie, plus tard appelé Superlearning®, qui se sert de cette faculté un peu surprenante de notre psychisme. Les élèves, mis dans un profond état de relaxation, donc passivement ouverts à leur environnement, sont alors exposés à deux sources de sons différents. L’une, la musique, est prédominante. L’autre, le contenu langagier à apprendre, se situe dans l’arrière-fond où le professeur parle des textes dans la langue étrangère.

On constate alors que l’élève enregistre dans un temps révolutionnairement court les textes qu’il a entendus, y compris syntaxe et grammaire de la langue étrangère sans qu’il y ait eu les moindres leçons de syntaxe ou de grammaire. Cela veut dire que le cerveau enregistre le tout qu’il entend de cette façon pourvu qu’il est dans un état relaxé, en état alpha. Mais ce que nous ne savons pas, c’est que nous sommes involontairement assez souvent en alpha. C’est justement dans des moments de calme, de relaxation ou même de court sommeil que notre cerveau change de fréquence, afin de mieux fonctionner et rester sain.

Quand nous nous trouvons alors dans de tels moments et nous entendons et voyons certaines publicités, regardons certains films ou sont simplement de manière passive exposés à des sons, nous enregistrons dans notre mémoire le tout de ce que nous avons entendu. Cela veut dire que nous le faisons ainsi graver dans nos structures cérébrales inconscientes. C’est pour cette raison que des psychologues déconseillent de nous endormir ou de laisser nos enfants endormir devant le téléviseur, ce qui est certes un conseil de sécurité superflu, car ce n’est pas seulement dans l’état de sommeil que nous sommes si ouverts à des influences acoustiques ou imagiers, mais dans ces courts moments de repos que le cerveau installe automatiquement de temps à autre, changeant d’ondes beta en ondes alpha.

On a constaté que les enfants sont beaucoup plus souvent en état alpha que nous, les adultes. Dès lors, ils seront plus profondément affectés par les messages qu’ils reçoivent dans ces états, que nous. Il n’y a rien de plus à dire pour mettre en garde contre la quantité de violence que nos enfants subissent passivement, chaque jour, en tant que spectateurs de télévision …

L’éducateur qui aime l’enfant va le protéger contre de telles influences néfastes et il va donc trouver des moyens pour éviter d’exposer l’enfant pendant des heures à des programmes de télévision médiocres ou négatifs. Une telle approche de contrôle peut entraîner des problèmes de discipline, mais cela vient dans la plupart des cas du fait que le parent ou l’éducateur n’ont point explicité à l’enfant, et concrètement, les dommages qu’il court si l’on le laisse libre à cet égard.

Il est vrai que la plupart des gens ne savent rien de tout cela et ne peuvent donc pas l’enseigner aux enfants, bien qu’on puisse dire que l’homme sensible ressent cela intuitivement, sans savoir les bases scientifiques, et réagit de suite. Mais qui, je demande, dans une société abrutie de consommation insensée, est encore sensible, sauf les artistes et les philosophes? Personnellement, je me suis rendu compte de tout cela à la fin de mon adolescence. Dès lors, je suis devenu très prudent quel programme de télévision je regarde, si du tout je regarde la télé, à quelle musique je m’expose, et donc quel café ou restaurant je fréquente.

Quant à la publicité, je la boycotte entièrement, après m’avoir instruit des techniques de manipulation des masses que, par exemple, Goebbels a utilisé pour propager la doctrine Nazi à travers l’Allemagne des années ’30. Puis, je me suis rendu compte que ce qui est pratiqué de nos jours par les agences de publicité, surtout en Amérique, est une exacte copie de cet enseignement manipulateur diabolique.

Il semble être difficile d’enseigner la pratique musicale à l’enfant. Mais en réalité il est beaucoup plus important de sensibiliser l’enfant d’abord à l’entendement passif de la musique, et ainsi de le rendre conscient de ce qu’il entend, et ensuite de le guider dans la pratique musicale de tous les jours.

Je me rends compte qu’il est faux et même ridicule de parler, en éducation, d’une sensibilisation quelconque de l’enfant, car l’enfant est sensible de par sa nature; nous n’avons qu’à protéger cette sensibilité contre l’abrutissement systématique et abusif auquel notre société moderne, sous l’influence américaine ignorante, entraîne l’enfant.

L’enfant apprend la maîtrise de soi dans le long processus d’apprentissage d’un instrument de musique. Il va de soi que l’enfant doive avoir un intérêt à jouer cet instrument et un vrai plaisir de le faire. Car autrement l’enfant ne tiendra pas le coup à travers toutes les frustrations normales et inévitables que l’apprentissage d’un instrument amène. Si cet intérêt ou ce plaisir profond sont présents, l’enfant ne demande que peu d’encouragement pour travailler régulièrement son instrument de musique. Car il en sera récompensé par les fruits de son jeu, le plaisir qu’il lui apporte, le plaisir aussi que la musique elle-même lui apporte et finalement le plaisir que l’admiration par le public pendant les audiences lui procure.

A la fois, l’enfant s’entraîne à la perception de la logique musicale qui est pure logique cosmique et comparable à la logique mathématicienne; sa pensée logique générale va en profiter.

Mais c’est aussi par le jeu d’un instrument et son apprentissage que le caractère de l’enfant se forme. Il devient plus calme, plus discipliné, plus mûr, plus sensible aussi. Pour ne pas oublier que l’enfant se sensibilise pour comprendre les labeurs d’autres gens dans quel domaine que ce soit. Un enfant qui ne fait que jouer pendant toute son enfance et qui n’est jamais exposé aux duretés de la vie sera plus tard un ennui pour son entourage, un consommateur passif et médiocre qui ne comprend ni lui-même ni les autres.

L’apprentissage de la musique est donc essentiel dans une éducation moderne et libre qui se veut complice de l’enfant pour l’aider à développer sa pleine créativité et son potentiel.

Advertisements