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Le savoir nécessaire, c’est tout d’abord le savoir de faire l’amour. Chaque enfant doit absolument apprendre à faire l’amour.

Il est faux ce que l’éducation traditionnelle prétend à cet égard, à savoir que l’enfant n’éprouverait pas de sentiments sexuels, qu’il sera mal élevé s’il apprenait quelque détail de la chose, voire qu’il en sera traumatisé. Je suis convaincu que les gens qui émettent de telles histoires ont peur du sexe et mènent des vies qui en sont dépourvues, s’ils ne sont pas carrément des psychopathes.

Faire l’amour, comme toute chose dans la vie, s’apprend et doit être appris, et le plus tôt possible. Un enfant, garçon ou fille, doit apprendre à quel point ses fesses peuvent charmer un autre, garçon, homme, femme ou fille. L’enfant doit devenir conscient des détails de son corps, de la beauté cachée ou ouverte de toutes les parties de son corps.

Je reviens donc ici à ce que j’ai affirmé tout au début de cette étude: l’enfant doit en premier lieu apprendre à connaître et aimer son corps. Il doit fermement s’incarner dans son corps et l’accepter de tout son être. C’est cela la condition préalable à une vie saine, non seulement une vie sexuelle saine, mais une vie saine au point de vue de la santé psychique, mentale and physique. C’est également la condition pour que l’enfant puisse s’aimer et grandir dans son estime de soi.

L’estime de soi chez l’enfant ne peut exister sans que l’enfant apprécie son corps et le total de son apparence extérieure.

Comme chacun de nous n’est parfait, comme nous avons tous des côtés beaux et des côtés laids, l’enfant doit apprendre à voir ses beautés, et oublier un peu ses laideurs. Car si nous nous fixons sur ce qui est laid en nous, nous renforçons la laideur. En revanche, si nous dirigeons notre regard sur ce qui est beau en nous, nous en renforcerons la beauté!

L’adulte qui n’est pas l’amoureux de l’enfant ne peut lui transmettre un message véridique qu’il est beau et désirable, et pourquoi il l’est plus que d’autres! L’éducateur qui aime véritablement les enfants leur parle non seulement avec des mots, mais avec des sourires, des gestes, des clins d’oeil. Tout, dans son comportement, va dire aux enfants qu’ils (elles) sont désirables à tous les niveaux. Il n’est donc plus besoin de parler d’amour, de verbaliser ce message, car l’enfant le voit, le sait sans paroles.

Dans une telle situation, l’enfant se demande, sans jamais en parler, comment il est possible que l’adulte, non pas son parent, l’aime à ce point, et il va chercher à trouver tout ce qui est bon et beau en lui-même, et dans son apparence. Par cette recherche, son estime de soi sera grandement renforcée.

En même temps, l’enfant va corriger des comportements laids ou vulgaires pour plaire encore davantage à son amant or à son amante. Alors l’enfant deviendra plus sage, se comportera de manière plus mûre et aura l’air plus attirant encore. Dès ce moment-là dans la relation éducative aimante, recourir à la discipline n’est plus nécessaire!

Déjà Stendhal, dans son livre De l’amour disait que seul l’amour nous donne le vrai savoir et que seuls ceux et celles qui se connaissent dans l’amour physique, comprennent toute la dimension non seulement de l’amour, mais aussi, plus généralement, de la vie. Ce que l’on fait dans la plupart des écoles, c’est d’élever des castrés et les préparer à une vie stérile, impuissante et pathologique à tous les niveaux.

Enlever à l’enfant sa sexualité infantile et préadolescente revient au fait de le castrer. Car la sexualité, si elle dort, ne peut se développer.

Je dis ceci en contradiction évidente avec la psychologie d’enfants mais en accord avec de toujours plus nombreux professionnels qui considèrent important que l’enfant fasse des expériences amoureuses physiques dans son enfance, et donc, par extension, dans son adolescence pour que sa santé mentale et physique soit garantie et pour qu’il trouve un équilibre naturel entre son affectivité et son mental. Comment y arriver?

Enseigner à l’enfant comment mettre un pénis dans un vagin, lui montrer des livres d’abeilles et de moustiques qui font l’amour? Bien sûr que non. On a rien à faire sur ce plan, justement. Ce que je dis ici, bien en accord avec nombre de psychologues d’enfant, tel que, par exemple, Françoise Dolto (1908–1988), c’est de pratiquer une sorte de non-intervention dans les affaires intimes des enfants.

Cela veut dire que l’éducateur n’est pas persécuteur, qu’il n’insiste pas à tout savoir, qu’il ne suit pas l’enfant partout, surtout quand il s’agit d’un petit garçon et une petite fille qui demandent de jouer dans leur petit coin…

C’est de pouvoir se restreindre et respecter le désir intime de l’enfant, là où cela est possible et non contre les règles de l’établissement, pour ainsi dire. Car bien sûr, la plupart des écoles sont plus ou moins castrateurs de nos jours, et ne permettent pas aux petits de jouer au zizi … Et là, l’éducateur qui vraiment aime les enfants, va changer d’établissement afin de ne pas se faire arrêter un jour pour avoir permit aux enfants des petits jeux.

Un savoir purement intellectuel, sans liaison avec l’affectivité, n’a pas de sens, car ne peut être intégré dans la personnalité. Ceci est d’autant plus important quand il s’agit d’enfants en maternelle ou en primaire. Pour le petit enfant, toute connaissance passe par le corps, par arriver à l’esprit, et non pas vice versa.

On peut comparer l’acquisition du savoir avec la construction d’un bâtiment. Quand on construit un bâtiment, il faut commencer par le fond, la terre, la base. La terre, la base de l’homme n’est pas sa tête, mais ses pieds. C’est là qu’il touche la terre-mère.

La sexualité relie l’homme à la terre et à ses origines et prend en même temps soin de sa perpétuation sur cette terre. C’est donc par le savoir sur sa sexualité et son corps que l’enfant commence à construire le bâtiment de son savoir sur la vie. Mais ce n’est pas un savoir intellectuel et ce n’est pas un savoir qui se donne à l’instruction dans une école; c’est là où est l’erreur du système actuel d’éducation sexuelle dans les écoles, et des recherches dans ce domaine, en Californie, ont tout à fait corroboré ce que je dis.

Un tel savoir est enraciné, non pas détaché du corps et de l’affectivité, comme le savoir intellectuel, mais se trouve fermement ancré dans la base de la vie. Ce savoir s’agrandit par chaque nouvelle expérience, toujours remettant en équilibre dynamique l’entité corps-sentiment-esprit. L’enfant sain est naturellement ouvert aux connaissances de toutes sortes.

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